Cela fait longtemps qu’on entend parler de digital nomad ! Vous savez, ce mode de vie qui nous fait tous rêver et qui s’invite dans nos discussions à l’heure de l’apéro !

Alors, ça vous tente sérieusement ? On est allé à la rencontre de Mats, motion designer globe-trotter qui a adopté ce mode de vie et qui nous livre son expérience de nomad digital.

 

OMW : Comment as-tu réussi à faire la transition entre une vie sédentaire et une vie nomad?

Mats : Mon plan initial était de faire le tour du monde pendant 1 an. Après avoir travaillé pendant 2 ans en tant que motion designer au sein de Sleak, un studio de production strasbourgeois, j’ai donc mis le cap vers l’Asie du Sud Est en septembre 2016 ! Après 5 mois en Asie, j’ai continué mon voyage vers l’Australie avec un visa “Working Holiday”. J’ai voyagé avec mon MacBook, ce qui m’a permis d’archiver mes photos et de mettre à jour mon blog matsnmiles.com. Quand je suis arrivé à Sydney, j’ai fait des petits boulots classiques de “backpacker” mais je savais que j’étais capable de trouver des clients et de me construire un nouveau réseau. Après plusieurs missions, j’ai décidé de travailler à temps plein en tant que motion designer. J’ai immédiatement travaillé pour des clients en Belgique, au Vietnam et en Inde.

 

 

OMW : À quoi ressemble ta vie aujourd’hui ?

Mats : Comme je voyage en permanence et reste la plupart de mon temps dans des auberges de jeunesse, je n’ai pas vraiment de bureau. J’ai essayé de travailler depuis ces auberges mais il y a toujours des gens intéressés par ce que je fais qui viennent me parler et me posent des questions. Beaucoup de distractions donc. Du coup, je travaille la plupart du temps dans les bibliothèques publiques. On y trouve toujours le Wi-Fi et de bonnes conditions de travail. Je fréquente régulièrement les bibliothèques de Melbourne, d’Alice Springs, de Darwin, Brisbane et d’Auckland. J’ai donc des “collègues de bureau” dans toutes ces villes. Quand j’ai un peu de temps libre, j’essaie de voyager pour découvrir de nouvelles destinations. Et lorsque je dois attendre l’exportation d’une vidéo ou le transfert d’un dossier, j’en profite pour sauter dans la piscine de l’auberge de jeunesse ! Réussir à travailler tout en voyageant est mon plus gros challenge. Comme tous les free-lance, je connais des semaines plus intenses que d’autres. Par exemple, à la veille d’un voyage programmé, un client m’a contacté pour me proposer une grosse mission. Après une longue journée, une nuit blanche et de multiples problèmes de connexion, j’ai réussi à finir dans les temps ! Quant aux clients, ils étaient ravis du résultat.

 

State library of Victoria, mon poste de travail pendant 2 mois

 

OMW : Quels sont les défis qui viennent avec ce choix de vie ?

Mats : Étant toujours partant pour rencontrer du monde et faire de nombreuses activités, le plus difficile pour moi, est de devoir décliner certaines sollicitations (Invitations à la plage, dans des bars et à toutes sortes d’activités sportives et divertissantes). C’est à moi de faire preuve de discipline, d’assumer mes responsabilités. C’est la plus grosse contrainte quand on est à son compte. 

Un autre gros challenge quand on travaille à distance, le décalage horaire. Je dois donc souvent jongler entre les différents fuseaux horaires, comme par exemple lorsque j’effectuais une mission pour un client au Vietnam, il y avait 4h de décalage. Il faut donc être flexible. Travailler aussi bien avec des Vietnamiens, que des Indiens ou des Australiens, m’a appris à m’adapter à différentes méthodes de travail.

Le dernier défis est de rester informé à distance des tendances de mon métier : le motion design.

 

Téléchargements des derniers fichiers, dans la bibliothèque d’Auckland, avant de prendre la route…

 

OMW : Quelle est ta meilleure anecdote professionnelle ? rencontres, situations drôles, touchantes ou challenging… 

Mats : Au début de mon “ world trip “, je me suis d’abord rendu au Vietnam et j’ai utilisé la célèbre plate-forme “ CouchSurfing” pour contacter d’autres voyageurs et des locaux. La plateforme CS est habituellement utilisée pour proposer des hébergements aux voyageurs ou trouver un hébergement gratuit, mais elle peut être également utilisée pour faire des rencontres. C’est par ce biais que j’ai rencontré à Ho-Chi-Minh, mon ami Kane qui travaille pour un studio de production. Après mon départ vers l’Australie, nous sommes restés en contact et il m’a proposé 4 mois plus tard de travailler ensemble sur un gros projet de motion design.

Projets finis, Hamilton j’arrive !

 

OMW : Quels nouveaux talents voudrais-tu développer en 2018 ? 

Mats : Au mois d’août, j’ai décidé sur un coup de tête d’improviser des vacances en Nouvelle Zélande. J’ai prévenu mes clients de mon indisponibilité durant cette période afin d’en profiter à 100%. Début septembre, je prévois de mettre le cap vers les Îles Fiji puis Los Angeles. Pour l’instant, Los Angeles est le dernier vol que j’ai réservé. Je serai à nouveau disponible pour mes clients pendant que je descendrai la côte ouest des États Unis pour aller au Mexique. J’ai mon oncle qui habite au Mexique depuis plusieurs années, et il m’a invité de rester chez lui pendant quelque temps. Cela sera également le moment idéal pour travailler sur mes projets personnels, mettre à jour mon portfolio, apprendre l’espagnol et la salsa 🙂

Pour 2018, j’ai plusieurs idées en tête mais rien de décidé pour le moment. Peut-être poser mes valises à Vancouver, trouver un travail dans un studio de motion design ou me consacrer à la photographie. Mon client Indien m’a également proposé de travailler pour lui en Inde. Cela l’occasion d’explorer un nouveau pays ! Rien n’est encore décidé, je reste ouvert à toute proposition !

 

OMW : Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite suivre tes pas?

Mats : Je conseillerais de s’informer sur les formalités du statut freelance du pays avant de s’y rendre. Notamment, quelles sont les responsabilités qui peuvent découler de ce statut et quelles sont les charges qui peuvent êtres déduites. Par ailleurs, la loi avait récemment modifié les dispositions fiscales applicables aux backpapers. C’était un peu délicat comme j’avais uniquement un visa vacances-travail pour l’Australie. En tout état de cause, le meilleur conseil que je peux donner est de se jeter à l’eau ! Si tu as la possibilité de le faire, saute le pas ! Nous vivons en 2017 et  il y aura (presque) toujours des moyens de développer son réseau où que tu te trouves.Tu seras inspiré par d’autres cultures, et ces nouvelles connaissances et expériences acquises pourront t’être utiles pour ton travail.