Hello la communauté. Cette semaine CreativLink est de sortie comme vous aurez pu l’observer. On ne nous arrête plus. Hier soir, j’étais chez Google à l’événement organisée par notre partenaire Maddyness : les #MaddTalk. Le sujet était : à quoi ressemblera l’éducation demain ? 

Sujet qui nous tient à cœur puisque nous sommes la famille #OnMyWay, et avancer sur sa voie signifie être en apprentissage continu. De plus, nous savons que ceux qui révolutionnent les systèmes sont des producteurs de contenus et d’interfaces, ce qui touche un peu à vos domaines d’expertises, n’est-ce pas ? 😉 Il y a donc toujours de bonnes inspirations à picorer à ce genre d’événements pour chacun d’entre nous.

Guillaume Sekko, manager du programme Google for Education, a fait l’intro en nous parlant de leurs priorités pour 2018, avec entre autre l’accès à l’éducation pour tous, la transmission des savoirs informatiques aux nouvelles générations et le soutien du droit à l’éducation des filles/femmes du monde.

La table ronde était animée par la journaliste Géraldine Russel et accueillait :

L’union d’une globetrotteuse qui nous apportait les best practices qu’elle a pu observer, d’un producteur de solution qui connait les cycles d’adoption et d’amélioration d’un outil et d’une responsable connaissant la réalité des écoles d’aujourd’hui a offert une belle complémentarité aux échanges. Manquait-il peut-être un challenger ? Mais nous y reviendrons.

A retenir de ces échanges :

  • Il faut produire des outils que les gens ont envie d’utiliser et non essayer de les imposer par la loi
  • Les véritables innovations sont celles qui changent les paradigmes et non celles qui proposent des alternatives à ce qui existe
  • Demain chacun apprendra à son rythme grâce aux intelligences artificielles, aux chat bots et à l’adaptive learning
  • Pour développer la créativité de chaque apprenant, il faut éviter la standardisation des modes d’apprentissage
  • Les enseignants s’unissent dans des communautés comme EduVoices pour évoluer ensemble dans leurs méthodes et les étudiants contribuent aussi à leur digitalisation
  • Les outils comme Klassroom permettent de créer des liens d’immédiateté et de proximité entre les parents et les enseignants contrairement à ce que les Français pouvaient craindre (étude BVA)
  • Le manuel scolaire est en train de devenir une plateforme open source
  • Grâce aux AI, les zones de « désert d’enseignant » pourront être desservies (ex : en Inde)
  • L’école est désormais vu comme un lieu de services pour les apprenants
  • Dans la digitalisation des écoles, il faut prendre en compte les préférences de device des étudiants, sinon ils n’utiliseront pas les outils proposés (#BYOD : Bring Your Own Device)
  • Les solutions doivent être co-construites avec des chercheurs (neurosciences, design, sociopsychologie, behaviorists…)
  • On commence à intégrer l’auto-éducation en rendant l’apprenant acteur de son éducation en lui laissant la liberté d’organiser des projets à l’école

Les gros systèmes sont toujours lourds et manquent en agilité puisqu’ils ont tant cherché à se stabiliser et se solidifier. Il faut des « warriors » pacifistes comme les invités de cette soirée pour enclencher le changement dans nos systèmes scolaires et économiques, puisque les deux sont directement liés. On ne peut brusquer le rythme de l’évolution et il faut ainsi opérer pas à pas et main dans la main. Les discussions étaient davantage centrées sur un partage de ce qui se passe aujourd’hui dans les écoles et pays les plus pionniers.

Mais l’école de Demain (avec un grand D) que nous inspirent les Sugata Mitra (auteur de l’expérience Hole on the wall et de la communauté Granny on the cloud), Sir Ken Robinson (auteur de Creative Schools), Jane McGonigal (auteur de How gaming can make a better world), Idriss Aberkane, André Stern (auteur de Je n’ai jamais été à l’école) et Ramin Farhangi (co-fondateur de l’Ecole Dynamique est encore un peu loin de certains propos tenus hier soir. On se posait encore la question de « comment évaluer les compétences », « comment discipliner les enfants » et on a pu entendre la phrase « concentre-toi et fais tes maths ». Quelque chose au fond de moi, me dit que les personnes sur scène se posaient ces questions non pas par conviction mais par obligation vs le système.

Selon les visionnaires, dans le futur (et ce n’est pas une Utopie, mais les besoins de la nature humaine, une approche organique de l’apprentissage) :

  • On n’évaluera plus les savoirs, ils seront incarnés/prouvés par les projets de chacun
  • Il n’y aura plus d’éducateur, car chacun ira apprendre auprès de ceux qui font et qui les inspirent : donc chacun sera transmetteur de ses savoirs
  • Il n’y aura plus d’école, car on apprendra partout
  • Il n’y aura plus à discipliner les enfants, car on leur transmettra l’équilibre que permet la liberté et la responsabilité qui va avec, puisqu’être libre de ses choix c’est faire face aux conséquences de ses actes/non actes
  • On n’imposera pas les contenus, mais on leur apprendra à apprendre (comme certains l’ont souligné hier soir), à développer un avis critique, à collaborer, à respecter, à se protéger, à comprendre ses émotions, à évoluer
  • On n’éduquera plus les enfants, mais on sera là pour eux, pour vivre avec eux, répondre à leurs questions et apprendre avec eux

Le système économique actuel n’est pas encore prêt à faire confiance à l’Homme, et préfère chercher à le contrôler. Le fait qu’on commence à voir l’école comme un lieu de services et qu’on parle de Life Long Education sont les signes qu’on avance dans le bon sens. La question : de combien de temps avons-nous encore vraiment besoin pour appliquer ces visions ? A combien de générations va-t-on encore faire subir le gavage de contenus et la tyrannie des évaluations en attendant que les « systèmes » en place soient prêts ?

Bien entendu, tous les systèmes devraient exister et être autorisées pour que chacun puisse s’épanouir dans sa différence. Le monde de demain est un monde de coliving, colearning, cocreating et coworking. Si si la famille. 😉

Merci à Maddyness et Google et à tous les participants pour avoir partagé avec nous leurs savoirs et leur énergie hier soir.

Nesem Ertan
@nesemertan
Coach & strategist freelance